Lentille 5 : Rôle du gouvernement fédéral et partenariats efficaces

Lentille 5 Les stratégies en matière de portes et de corridors doivent ancrer les actions fédérales dans des responsabilités fédérales concrètes et des partenariats efficaces avec d’autres gouvernements et le secteur privé.

Le gouvernement du Canada est chargé de favoriser l’efficacité, la sécurité, la sûreté et la durabilité du réseau national de transport dans tous les modes; d’administrer de manière sûre et efficace les frontières canadiennes; de veiller aux intérêts du Canada au chapitre du commerce international et de placer le pays en position concurrentielle pour lui permettre de prospérer dans l’économie mondiale.

Malgré tout, des éléments importants du réseau de transport sont détenus ou exploités par des intervenants des secteurs privé et public et sont détenus, régis et imposés par tous les ordres du gouvernement. Par conséquent, aucune autorité ou entreprise ne peut à elle seule couvrir unilatéralement tous les enjeux interreliés qui décident du succès d’une porte ou d’un corridor commercial.

Une action cohérente exige une approche axée sur les réseaux et d’authentiques partenariats avec les gouvernements provinciaux et le secteur privé. Le succès dépendra de la mesure dans laquelle les intervenants clés – publics et privés – adhèrent à une vision uniforme. La solidité du consensus dégagé par les intervenants au fil des ans a été un facteur important de la réussite de la mise en oeuvre de l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique.

Favoriser une approche « systématique » à l’égard des investissements, de la planification et de l’élaboration de politiques constituera un objectif central de la participation fédérale. Des conseils et autres tribunes regroupant les intervenants pour l’atteinte de consensus, la planification, la bonne gouvernance et la reddition de comptes à l’égard des portes sont aussi cruciaux pour mettre de l’avant des stratégies régionales aux retombées nationales bénéfiques. Les provinces ont aussi un rôle de leadership de par leurs responsabilités juridictionnelles. Des mesures devraient compléter les présentes politiques de transport axées sur les marchés, les gouvernements créant un climat propice à l’investissement privé dans l’infrastructure des portes tout en préservant l’intérêt public.

Rôle du gouvernement fédéral : accroître l’efficacité des frontières

Une frontière canado-américaine efficace et sécuritaire est primordiale pour la compétitivité du Canada. La Déclaration sur la frontière intelligente de 2001 et le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité de 2005 offrent de bons cadres bilatéraux et trilatéraux pour une coopération en vue de faciliter la circulation légitime, efficace et sûre des personnes et des biens.

D’importants progrès ont été réalisés dans des initiatives ayant un impact direct sur la sûreté et l’efficacité de la frontière, dont les suivantes :

  • L a mise en oeuvre du Programme d’expéditions rapides et sécuritaires (EXPRES), un programme canado-américain, pour le déplacement accéléré des marchandises et des camionneurs à faible risque.
  • L ’élargissement de NEXUS, un programme conjoint qui préautorise des voyageurs fréquents à faible risque et facilite leurs déplacements à la frontière.
  • L e Groupe de travail sur les questions frontalières de transport, forum intergouvernemental canado-américain qui favorise l’échange d’information et de pratiques exemplaires pour améliorer l’efficacité de la frontière.

Afin que la capacité de la frontière suive le rythme croissant des échanges commerciaux, le gouvernement du Canada a contribué à plus de 30 projets d’envergure qui augmentent la capacité et appuient les nouveaux processus à la frontière.

L’un de ces projets est le réaménagement, en trois phases, de l’aire de service de Queenston, du côté canadien du pont qui relie cette ville à Lewiston, au coût de 136 millions de dollars. En 2007, ce pont se classait quatrième par le trafic commercial et cinquième par le trafic voyageurs parmi les passages terrestres de la frontière canado-américaine. Le gouvernement du Canada fournira 62 millions de dollars pour la deuxième phase du projet grâce au Fonds pour les portes d’entrée et les passages frontaliers. Une fois l’aire de service terminée, les voyageurs, le trafic commercial et la collectivité locale en retireront des avantages importants : une congestion moindre, un traitement plus efficace, une meilleure sécurité routière, une sûreté accrue à ce passage frontalier et une réduction de la pollution atmosphérique causée par les moteurs qui tournent au ralenti.

Corridor ferroviaire Roberts Bank

Avantages de l’approche des portes : l’exemple du corridor ferroviaire Roberts Bank

L’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique comprend un budget de 75 millions de dollars destiné à des améliorations stratégiques le long du corridor ferroviaire Roberts Bank, un tronçon de 70 km reliant la plus grande installation de conteneurs du Canada et un grand terminal charbonnier au réseau ferroviaire nord-américain. Il traverse plusieurs municipalités du Lower Mainland de la Colombie-Britannique et l’augmentation du volume de fret international passant par leurs collectivités a une incidence sur les résidents.

Photo d'un train

Transports Canada a commandé une étude sur le corridor afin de présenter des propositions d’étagement route/voie ferrée, chacune comprenant non seulement des sauts-de-mouton pour séparer la voie ferrée des routes locales, mais aussi des fermetures de routes soigneusement choisies, des reconfigurations de réseaux et des mesures de gestion de la circulation visant à optimiser les avantages pour les chemins de fer et les automobilistes.

À la suite d’une étroite collaboration entre le gouvernement fédéral, les quatre municipalités (Delta, Surrey, Langley, le canton de Langley), l’administration portuaire de Vancouver, Translink (l’administration régionale des transports), le ministère des Transports de la Colombie-Britannique, le CP, le CN, le BNSF Railway et BC Rail, on a élaboré un ensemble d’améliorations dont le coût de plus de 360 millions de dollars sera partagé entre ces partenaires. Ces mesures feront une différence notable pour les résidents en atténuant l’incidence de l’augmentation de la circulation du fret. Le port de Vancouver, les compagnies de chemin de fer et les expéditeurs tireront aussi avantage de la capacité et de l’efficience améliorées d’une composante clé de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique.

Le projet du corridor ferroviaire Roberts Bank illustre la valeur de l’approche des portes axée sur les réseaux ainsi que du leadership et des partenariats qu’elle exige. Auparavant, on envisageait l’étagement de façon ponctuelle. Aux termes de l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique, on les étudie dans le cadre d’un réseau avec tous les bénéficiaires de ce réseau à la même table. Cela entraîne des contributions financières appropriées de plus d’intervenants et ouvre la possibilité de mesures stratégiques supplémentaires en complément de la construction des sauts-de-mouton, ce qui génère des avantages encore plus grands. Il s’agit d’une facette de l’approche stratégique en matière de portes qui ne fait que des gagnants.



Portes et corridors du Canada